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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

25 octobre 2005 2 25 /10 /octobre /2005 23:00

 

Annabelle: entre ange et démon


Annabelle a 16 ans lorsqu'elle est hospitalisée dans un état de grande dénutrition: 22 kilos pour 1.45 mètre. Son anorexie a commencé alors qu'elle avait 10 ans. Elle n'avait encore aucune manifestation de puberté, elle a cessé de grandir avec la dénutrition, comme c'est habituellement le cas dans ces formes d'anorexie à début prépubère. Elle est obsédée par l'idée de prendre du poids, désire être le plus mince possible. Elle n'est rassurée que quand elle voit "ses os dans la glace". Toute trace de graisse, même infime, la panique. Elle passe un temps fou à trier tous les aliments, à les décortiquer dans son assiette et à les dégraisser, avant de les mettre dans sa bouche par morceaux minuscules qu'elle mâchonne pendant de longues minutes. La durée des repas n'en finit pas de s'allonger, mais elle mange de moins en moins.

Annabelle est triste, sans élan ni joie, et ritualise toute sa vie: les repas, bien sûr, mais aussi le lever, le coucher, l'habillement, la propreté et plus généralement, tout changement de situation. Seul le travail scolaire échappe à cette paralysie de l'activité, ainsi que la gymnastique qu'elle pratique dans sa chambre des heures durant et sans interruption, au point de se créer des plaies aux talons à force de sauter sans avoir l'air de ressentir la douleur.

Quelque temps après son hospitalisation, Annabelle dira qu'une sorte de voix sans sa tête lui ordonne de ne pas manger. Qu'elle se sent divisée entre un ange et un démon et que c'est la voix de ce dernier qui lui impose de se priver de nourriture. Il ne s'agit pas vraiment d'une voix, mais elle ne trouve pas comment exprimer autrement cette force quasi physique, comme une présence étrangère en elle, qui lui interdit de se laisser aller à manger. Elle reconnaît pourtant que, par moments, elle aurait très envie de succomber, en priorité à tout ce qu'elle s'interdit absolument, le chocolat et les sucreries. Elle peut d'ailleurs rester longtemps à contempler les vitrines de pâtisseries, jusqu'à en avoir des crampes d'estomac, envahie alors d'un plaisir indicible et du sentiment fascinant, sinon agréable, de pouvoir défaillir. [...]

Annabelle a beaucou pleuré pendant la première année de sa vie et a toujpurs eu des difficultés d'endormissement, qui ont culminé entre 18 mois et 2 ans. De nature plutôt triste, elle paraissait anxieuse, ne supportant pas de de séparer de sa mère pour se coucher ou aller à l'école. [...]

L'hospitalisation finalement décidée se passera beaucoup mieux que personne n'osait l'espérer. Annabelle se détend de façon spectaculaire et rapide, et reprend plusieurs kilos en quelques semaines. Ses rituels s'atténuent considérablement, ses repas retrouvent une durée normale et elle noue des liens avec d'autres jeunes. Au bout de trois mois, elle revoit ses parents et une thérapie familiale est entreprise, qui se révélera bénéfique à chacun. Annabelle restera onze mois dans le service, reprenant 12 kilos et grandissant de 8 centimètres. Elle est transformée physiquement, moralement et dans son contact, mais on perçoit à quel point elle demeure vulnérable, toujours tentée de se replier sur elle-même à la moindre déception. Sa sortir est suivie de grandes vacances. A la rentrée scolaire, la famille devait recontacter l'hôpital ne donne aucune nouvelle. Plusieurs années plus tard, nous apprendrons indirectement qu'Annabelle a rechuté deux ans arpès sa sortie. [...] Annabelle est morte.

Anorexie/boulimie : Les paradoxes de l'adolescence de Philippe Jeammet

Pourquoi cet extrait?? D'abord parce que je m'y retrouve...de ma naissance à environ 1 ans je pleurais environ 15h par jours...ensuite durant toute la maternelle je pleurais chaque matin ne supportant pas la séparation avec ma mère.

Cet extrait montre aussi la complexité de l'anorexie et montre que même "guéri" on reste malgré tout en sursis. Guérir des TCA est une chose longue et difficile que tout le monde ne peut pas réussir malheureusement...

Enfin je crois que cet extrait montre que l'anorexie est belle et bien une maladie, et non un caprice de jeune fille qui veut être mince.

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Published by eixerona - dans Extraits et citations