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Présentation

J'ai 29 ans.


Je suis jeune maman heureuse et épanouie.

 

 Je vais mieux depuis 3 ans

 

Le monde médical me considère guérie.


J'ai vogué entre anorexie restrictive et anorexie compulsive depuis mes 16 ans.

 

J'ai souffert également de dépression et de troubles anxieux.

 

La guérison est un chemin long et difficile, ce n'est pas une question de volonté.

 

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique.

 

 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

 

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  Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

 Antigone Jean Anouilh

 


 
"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort.

25 octobre 2005 2 25 /10 /octobre /2005 23:00

La boulimie, une toxicomanie qui s'ignore


Philippe Jeammet, professeur de psychiatrie

« Cette pathologie n'est en rien un caprice d'enfants gâtés »

 



le monde Article paru dans l'édition du 30.01.00


Au terme de votre étude, vous concluez à l'existence de liens étroits entre certaines formes mineures de la boulimie et certains dérèglements, beaucoup moins graves, des comportements alimentaires. S'agit-il là d'une donnée nouvelle ? - Oui. Certains cliniciens avaient sans doute déjà pu observer ce phénomène. La classification officielle des pathologies mentales a eu jusqu'à présent tendance à ne retenir que des définitions très strictes fondées sur des critères de gravité certaine. Nous montrons effectivement qu'il n'existe pas de rupture entre les diverses expressions de la maladie et que l'on peut passer d'une boulimie "subclinique" à une boulimie sévère. Il faut aussi compter avec une autre entité pathologique, l'hyperphagie boulimique (ou binge eating disorder), tout aussi préoccupante. Nous montrons aussi que tous ces cas correspondent à des situations de souffrance, à des déséquilibres psychologiques parfois très importants. Avant cette étude nous n'imaginions pas l'association de la boulimie à des traits dépressifs et anxieux. Les conclusions objectives auxquelles nous sommes parvenus vont être prises en compte par les spécialistes chargés de la rédaction des prochaines définitions internationales de cette pathologie. - Quels sont les liens pouvant exister entre l'anorexie et la boulimie ? Sont-elles les deux variantes d'une même pathologie ? - Il s'agit, pour nous, d'une question centrale. Nous estimons qu'il s'agit dans les deux cas de la même problématique psychologique ou psychiatrique. Il n'y a pas d'anorexique qui n'ait la hantise de devenir boulimique et plus d'une personne anorexique sur deux va, à un moment où à un autre, souffrir d'un épisode de boulimie. A l'inverse nous observons que plus d'un tiers des boulimiques n'ont jamais souffert d'anorexie et que très peu d'entre eux évoluent vers cette pathologie. Il s'agit, dans tous les cas, d'un ensemble psychopathologique qui renvoit à une même problématique, celle de la dépendance, de l'addiction ; problématique que l'on retrouve dans l'acoolisme ou la toxicomanie. - Pensez-vous apporter la preuve scientifique que la boulimie doit être dorénavant perçue et traitée comme une maladie de la dépendance ? - C'est notre conclusion. Elle sera peut-être contestée mais nous avons des éléments solides pour défendre cette hypothèse. Menée sur 1 200 personnes, une autre étude sur ce thème est en cours à partir, là aussi, d'un réseau Inserm. Elle vise à comparer au plan psychologique les conduites de dépendance - toxicomanie, alcoolisme, troubles alimentaires - et à analyser ce qu'il y a de commun dans toutes ces conduites. - La boulimie est-elle une pathologie spécifique des pays industrialisés ? - Oui. Plus précisément, c'est une pathologie des sociétés libérales, ces sociétés qui se caractérisent notamment par des processus de promotion sociale et dans lesquelles on est constamment "mis en appétit" de choses matérielles, de nourriture, de stimulants extérieurs, de sensations fortes. - Quels conseils thérapeutiques peut-on donner aux personnes souffrant de boulimie ou à leurs proches ? - Il n'existe pas un traitement unique de la boulimie et il est important de pouvoir jouer entre différentes possibilités. Si l'on proposait une thérapeutique totalitaire, univoque, beaucoup des malades la refuseraient. Il faut donc profiter de la complémentarité des approches, qui peuvent soit être compréhensives des difficultés du patient de type plus ou moins psychanalytique, soit être de nature comportementaliste. L'une des grandes caractéristiques de la prise en charge des patientes boulimiques est la fréquence des relations thérapeutiques. Tout se passe comme s'il y avait une analogie entre le comportement pathologique et le comportement relationnel : les patientes se jettent sur une relation comme sur la nourriture et la vomissent aussitôt. C'est pourquoi elles font une grande consommation de thérapeutes de tous ordres. On pourrait d'autre part imaginer tirer des bénéfices d'une réduction de la période de plusieurs années entre l'apparition des premiers troubles et la première demande d'une aide médicale. » En fait, il semble que l'on ne puisse pas faire l'économie d'une certaine durée, la boulimie pouvant être regardée comme un comportement visant à faire réagir le monde des adultes mais aussi, comme d'autres dépendances, comme une autothérapie que l'on ne cherchera à abandonner qu'après avoir jugé que l'on paie trop cher le bénéfice recherché. Et le boulimique paye très cher, en termes de dévalorisation de soi, de souffrance psychique, de solitude, de misère affective ou de tentatives de suicide. Cette pathologie n'est en rien l'expression d'un caprice d'enfant gâté. »

PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-YVES NAU

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Published by eixerona - dans Boulimie & compulsions