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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.
L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.
Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort
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Ca semble d’une logique implacable que l’anorexie n’est pas un régime mais une maladie. N’y a-t-il pas assez de livres, de blogs, d’émissions télé montrant l’enfer des troubles alimentaires ???
Reste que dans notre belle société capitaliste, la minceur est un argument marketing efficace et permet de faire de l’argent. Donc bienvenue aux publicités vantant les mérites de je ne sais quelle pilule qui permet de perdre du poids sans efforts, d’une crème anticellulite qui permet de faire disparaître la peau d’orange qui est une chose normale chez toute femme normalement constituée.
Et n’oublions pas la trouvaille du gouvernement avec leurs bandeaux de prévention sous les publicités de nourriture. Même le lait pour bébé en est affublé !
Le beau temps arrive et les régimes fleurissent que ce soit sur les sites internet ou les magazines (féminin ou non).
Non on ne devient pas anorexique en suivant les préceptes ou les techniques d’autres anorexiques. Si on n’est pas destinée à l’anorexie, on ne déclenchera pas la maladie. Par contre il y a de fortes chances pour se retrouver dans le phénomène yoyo du « je maigris et je reprends le double ».
A celles qui pensent qu’on peut adopter un comportement anorexique pour maigrir rapidement c’est de la foutaise, car lorsqu’on s’affame on finit par se jeter sur la nourriture. Vous ne perdrez pas du poids, mais vous allez grossir.
On n’est pas plus heureuse avec 3 kilos de moins, ça c’est ce que la société de consommation veut le faire croire. Par contre on est malheureuse et frustrée de se priver des aliments qu’on aime.
Le gouvernement au lieu d’essayer de légiférer sur l’incitation à l’anorexie ferait mieux de se demander pourquoi tant des gamines, tant d’ado, et tant de femmes ont ce désir de maigrir.
Parce qu’on assimile minceur et réussite.
Parce qu’on assimile minceur et bonheur.
Quant aux hommes mais dites le haut et fort que vous aimez les formes ! Les filles sont persuadées du contraire, si vous restez muets comment on peut le savoir NOUS ???
Je me suis sentie légèrement mieux du moment que je m’étais entendue avec mon inconscient pour fuir ma situation stressante, c'est-à-dire les cours. Bon après c’est parti de travers, j’ai eu le malheur d’aller à la cuisine et d’avaler je ne sais combien de beignets que j’avais eu la bonne idée de cuisiner pour faire plaisir à mon neveu, et puis comme je n’étais plus à ça prêt je me suis fait du poisson et du riz. Bon je sais que c’est pas si catastrophique ce que j’ai mangé, qu’un peu excès ne va pas me faire prendre 15 kilos, ça épuise seulement un peu plus mon organisme qui n’a pas l’habitude de prendre en compte de la nourriture grasse et sucrée. Bref le lendemain et la nuit ça donne une pseudo gueule de bois. Génial.
Mes rêves ou plutôt mes cauchemars ont révélé mon état d’esprit :
- -J’ai dû fuir une éruption volcanique comme je fuis les cours
- -J’ai joué à un jeu de hasard sur le compte de la française des jeux de ma mère, c'est-à-dire en langage inconscient « je déçois ma mère en n’allant pas en cours »
- - J’ai eu le droit à un ténia…vous savez le vers blanc qui se loge dans les intestins, et même dans les rêves l’anorexie est là puisque je me suis dit « chouette, je vais maigrir »
- - J’ai fait du camping aussi, la tente prenait la flotte, on se cachait, y avait aussi une fille insupportable que j’ai remise en place.
Vers huit heures moins le quart je reçois un sms de ma pote de cours me demandant si je me sentais prête pour la reprise. Je ne savais plus où me cacher. Non je ne suis pas prête. Non je ne peux pas venir….
En fin de matinée j’ai envoyé un texto à ma mère lui disant que je n’étais pas en cours. Que j’étais malade. Elle s’en doutait. En rentrant cet aprem j’ai eu le droit au couplet « Tu y vas demain ». Moi j’ai enchainé avec une phrase du genre « pas le peine de me le dire, je n’ai pas besoin de ça ». Elle l’a mal pris, préciser que ça ne changerait si elle me prenait dans ses bras, qu’elle ne peut rien faire. Je le sais qu’elle ne peut pas faire de miracle, mais qu’elle ne me parle pas des cours, c’est pas si dur.
Je le sais que je n’irais pas demain parce que je préfèrerais encore sauter par ma fenêtre. J’ai plus qu’à prendre un énième rendez-vous chez le médecin qui va me dire qu’elle ne peut rien faire. Que je dois voir un psy.
Et une fois de plus je m’en veux d’être une angoissée de la vie, de ne pas être capable d’aller naturellement en cours comme les autres.
J’en ai marre de passer des journées dignes d’un légume devant la télévision parce que je ne parviens à me concentrer sur strictement rien.
Maintenant que je vais un peu mieux, j’ai remarqué que lors d’un stress intense j’ai cette fichue envie de maigrir qui revient au galop. Parce que lorsque je suis occupée à modeler mon corps et à tenir d’une main de fer mon alimentaire, plus rien ne compte. A part que ça marche impeccablement lorsqu’on est uniquement dans le déni de l’anorexie.
Quand on se rend compte, quand on accepte d’être atteinte d’un trouble alimentaire, il y a ce stress face à la nourriture, la peur intense de reprendre du poids…et tout ce qui nous stressait avant revient au galop.
Pendant longtemps je n’étais plus qu’Angélique l’anorexique. Impossible de me définir autrement. Impossible de me rappeler de mes passions, impossible de savoir ce que je voulais faire dans un futur proche. La seule chose importante était de perdre du poids pour ne plus me sentir grosse. Perdre du poids pour être fière de moi, parce que c’était le seul domaine où mes victoires me faisaient plaisir.
Mais avec du temps, de la souffrance, des efforts, des moments difficiles, je me reconstruis. Enfin plutôt je me construis car l’Angélique du passé n’existe plus et je ne veux plus être cette Angélique anorexique. Je veux vivre tout simplement. Je sais que j’aurais toujours une relation ambigue et malsaine avec la nourriture mes troubles alimentaires étant chroniques…mais finalement
Aujourd’hui je suis stressée car demain c’est la rentrée. Et non malgré mes efforts mon stress me dépasse et je n’arrive pas à gérer. J’ai donc baissé les bras, car je n’en peux plus de me battre contre mes angoisses. Demain je n’irais pas au lycée mais n’empêche je m’en veux à mort, et qu’ai-je trouvé de mieux pour me punir ? Une compulsion alimentaire bien sur ! La culpabilité à coup sur, l’obligation de faire pénitence toute la semaine pour rectifier le tir.
N’empêche les troubles alimentaires fonctionnent pas mal à la culpabilité, ça fait très religion chrétienne, et quand on y pense c’est essentiellement les pays occidentaux qui sont touchés par les tca. Ca serait une question à approfondir.
Je veux aller mieux. Je veux profiter de la vie. Je veux un chéri (et je l’aurais j’espère ce fameux LUI). Je veux un travail, je veux un appartement et mon indépendance. Je veux continuer mon investissement dans la politique de la ville parce que ça m’apporte une bouffée d’oxygène malgré les les vins d’honneur où je dois faire attention de ne pas me jeter littéralement sur le buffet.
Je veux arriver à m’aimer. Je veux arriver à voir confiance en moi. Je veux voir ce que les gens voient de bon en moi….parce que pour le moment je ne suis pas objective et il y a un décalage phénoménal entre comment les gens me perçoivent et comme je me trouve moi. Pour résumer, je me considère comme nulle et inintéressante. J’avais que je ne voudrais pas être ma propre amie, parce que j’ai l’impression d’être une chieuse phénoménale (bon c’est vrai j’y suis quand même un peu chieuse…je suis une nana après tout).
Le plus drôle c’est que LUI, j’aime ses défauts comme ses qualités. Alors pourquoi on ne m’aimerait pas comme je suis ? Pourquoi je ne m’aimerais pas comme je suis.
{Pause cuvette des toilettes. Pas bien. Stress. Vengeance sur la nourriture. Non rien ne sort. C’est pas plus mal. Sport et restrictions cette semaine pour changer. Je n’avais qu’à pas faire de pâtisserie ce soir.}
Je m’aperçois dans mon miroir de chambre, et vois un os qui repointe son nez. Je reste béate d’admiration et fascinée par cette réapparition soudaine. Maigreur je t’aime. L’anorexie veut que même
si je sais et que je vois que des kilos ce sont envolés, je me sens plus grosse. Ne chercher pas de logique il n’y en a pas. Quand on maigrit on est satisfaite de maigrir mais on a cette foutue
impression d’être plus grosse. Y a de quoi devenir dingue et de péter les plombs.
Les compulsions sont devenues plus rares. Pas de grand miracle, juste rien dans les placards et le frigo… ce qui fait que j’avale des kilos de pommes et des litres de café & coca light. Le sport me déstresse un peu et me déleste des calories…
Le contrôle de la nourriture et de mon activité physique m’apaise. Ca me donne aussi un peu de considération pour moi, c’est quelque chose que j’arrive à faire.
Finalement l’anorexie flatterait d’un moyen détourné notre égo ? On se trouve nulle et inutile à longueur de journée, mais le contrôle de la nourriture et du corps est le domaine où finalement on est bonne. On réussit enfin quelque chose. On s’estime enfin de réussir quelque chose d’où cette maudite fierté que nous procure le fait de manger le moins possible… C’est tordu.
Cette maladie nous fait rentrer dans une logique totalement illogique qu’elle nous échappe le plus souvent. Quelle saleté…
Je parviens à ouvrir un peu mes classeurs pour travailler, mais pas assez, je sature vite, et ça m’énerve. Et puis il y a cette peur persistance de l’échec aussi. Je le sais pourtant qu’une mauvaise note ne tue pas. Heureusement d’ailleurs !
Autant faire quelque chose pour quelqu’un est facile, et n’est quasiment pas une source stressante, autant lorsque l’issue d’une action est pour moi, ça m’angoisse.
J’arriverais à croire en mes capacités pour les autres, mais pas pour moi ??
Il y a tant de contradictions…c’est fatiguant. J’aimerais pouvoir mettre mon cerveau en stand by de temps en temps pour vivre au lieu d’être étouffée par une foultitude de pensées les plus inutiles.
