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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.
L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.
Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort
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Les TCA rendent complètement zinzin. Pendant longtemps la chose était simple : peu importe mon poids je me sentais grosse. L’aberration du moment est de me sentir maigre et grosse en même temps…et ça j’avoue c’est totalement ingérable…jusqu’à ce que de mauvaises pensées jaillissent du genre « on est jamais assez maigre.. »
On me répète sans cesse que les hommes préfèrent les formes…en attendant j’ai remarqué que parmi eux il y a de nombreux hypocrites car malgré ma frêle silhouette (bon moi je me trouve pas vraiment maigrichonne) y en a toujours un pour me draguer…essentiellement ces espèces de vieux vicieux et ça m’en donne des hauts le cœur. C’est vrai que dans un certain sens c’est flatteur de se faire mater, mais en ce moment j’ai vraiment du mal d’assumer que je peux plaire…et puis je me fais jolie pour moi pas pour me trouver un mec…
Moi ne rien comprendre à rien. Moi trouver la vie trop compliquée et complètement folle.
Ma journée ? Tranquille et calme mais pas satisfaisante. Kiné tôt le matin. Scannage de photos. Bronzage. Cuisine. Barbecue. Où est le sport là dedans ? Ah oui je me souviens…corps vacillant donc repos…
Barbecue avec orgie de viande. Pendant longtemps je fantasmais sur les aliments sucrés, en ce moment c’est le salé. Repas de famille avec ma sœur, mon neveu, mon cousin, ma mère et moi. Table ronde on en profite pour discuter de tous les malentendus qu’il peut y avoir. Ma sœur prend la moindre parole de travers actuellement, ce qui fait qu’elle est agressive et que je me retrouve à chaque fois en pleurs. Ma sœur et ma mère s’expliquent. J’en profite pour évoquer que j’en ai ras le bol de jouer leur bonne poire.
Une faim que je ne parviens pas à combler, un estomac sans fin. Dur d’accepter tout ce que j’ai pu avaler : crudités, viande, pain, tarte… Je n’ai pas le droit de manger…
Une relation qui semble repartir sur de meilleures bases avec ma sister. Elle qui se moque régulièrement de mes fausses impressions, elle subit actuellement les siennes et c’est ma mère et moi qui devont les supporter.
Trois heures du matin, impossible de dormir…

Ne rien manger ou dévorer tout avec frénésie, voilà mon quotidien, mon enfer et il faut faire avec. Le poids est stable malgré tout, je n’ai pas repris ce que j’ai perdu (deux bons kilos si je ne m’abuse…mais bon j’évite la balance, mon esprit est déjà un excellent bourreau, pas besoin d’en rajouter un autre).
C’est hallucinant comme je parviens à dissimuler mes écarts. J’arrive à manger, m’empiffrer bien qu’on me surveille d’un œil vigilant. Un moment d’inattention de leur part et j’engouffre quand je ne cache pas la nourriture dans mes poches. Même si objectivement, les crises ou plutôt les écarts se raréfient elles restent dures à digérer dans tous les sens du terme.
Moi qui pensais que demander qu’on me surveille permettrait d’empêcher ces gloutonneries rien n’y fait.
Ces écarts fait dans la plus grande et la plus totale illégitimité sont encore plus difficile à gérer…il faut faire comme si de rien n’était. Ignorer l’estomac saturé, sourire alors qu’on a envie de pleurer…

J’ouvre le frigo, les placards, je farfouille, je ne suis plus moi-même, une autre me possède.
J’aperçois une boite de quenelles de saumon au fond de l’étagère. Je l’attrape, l’ouvre, la verse dans un récipient pour la chauffer au micro onde, et puis non je n’ai pas de temps à perdre. J’empoigne ma fourchette et avale tout rond en deux bouchées une, deux, trois quenelles…
A ce moment précis, je me réveille…
Mais qu’est-ce que je suis en train de faire au juste ?
Depuis quand je mange des conserves sans les chauffer ?
J’attrape ma gamelle, crache le morceau que j’ai dans ma bouche et mets les restes dans la poubelle.
STOP, il faut arrêter là, ça devient trop grave trop sérieux trop inquiétant.
Quelques petites gloutonneries ça passe encore, mais là quel chemin je prends ?
Je range tout, cache ce que j’ai pu engloutir.
La grande question arrive, je garde ou je ne garde pas ?
Je vais faire un tour aux toilettes pour voir. Je commence à vomir avec facilité, ce n’est pas bien non plus ça. Enfin il faut que j’efface la catastrophe du jour…adieu fromage, adieu pommes, adieu yaourts, adieu petit pot, adieu quenelles. Le mélange a un goût odieux contrairement à sa jolie couleur rosée. Les pâtes avalées lors de la préparation du gratin ressortent aussi…c’est vrai elles ne datent que d’un peu plus d’une heure…il y a aussi les restes du fanta zéro orange. Je m’étouffe à moitié en vomissant. Ca part même sans les doigts.
La fatigue me gagne, mes jambes tremblent, mes lèvres sont à moitié endormies, la gorge enflammée.
Je tire une dernière fois la chasse d’eau, prends un chewing-gum à la menthe et me lave les mains.
Et puis la vie repart, parce que je n’ai pas envie de me laisser abattre.

Le radio-réveil retentit à 8h15. Je me lève, ouvre mon volet, sors le chien (sous peine de grognements de ma mère) et plonge dans mon bain. Avant de partir prendre le bus j’avale un mug de lait écrémé ce n’est pas le moment de s’évanouir dans les rues de Nancy.
J’arrive en ville à dix heures moins le quart. Assoiffée je fais une halte au Mac Doc pour prendre un coca cola zéro puis tranquillement je vais déposer un dossier de candidature pour une place de « conseillère de vente » dans une boutique de fringue de Nancy. La dite boutique n’était pas ouverte, je fais un saut dans celle d’en face et trouve plein de fringues sympa. Heureusement que je n’ai plus de sous sinon j’aurais fait chauffer une fois de plus la carte bleue. Dix heures arrivent, je dépose ma lettre puis direction le Printemps pour les photos. Arrivée au Printemps et n’ayant rdv qu’à dix heures vingt je flâne devant le rayon lunettes de soleil…et je suis ravie de voir que pour une trentaine d’euros je peux avoir les lunettes de soleil de mes rêves en catégorie 3, parce que là celles que j’ai actuellement ne sont que catégorie 2 et non ça ne va pas. J’ai les yeux hyper fragiles, je supporte mal le soleil et ces jours-ci j’accumule maux de crâne sur maux de crâne.
Dix heures quinze je vais tranquillement à l’espace « Shooting de star » comme ils appellent ça. Il fallait sans douter on est plusieurs à avoir rdv à la même heure tant pis je poireaute.
Mon tour arrive enfin, je suis toute « émotionnée »…le stress est là, mais le bon pour une fois. Un petit tour au maquillage puis séance photo.
Expérience intéressante et enrichissante, et je me rends compte que les mannequins ne doivent pas toujours rire car les postures à prendre ne sont pas forcement facile et la chaise sur laquelle j’étais par moment assise était tout sauf stable. C’est là que je regrette d’être si petite, car même si j’ai un rapport difficile avec mon corps le mannequinat m’aurait bien plus. Au moins j’aurais pu réaliser l’un de mes rêves de gamine avec ce shooting où les photos ressemblent à celles des magazines. Visionnage des photos mercredi à 15h30, j’ai choisi une heure où je peux emmener ma mère avec moi, qu’elle voit quand même mes photos.
La séance terminée je balade dans le magasin et flâne dans les rayons, fantasmant sur les vêtements qui me font envie.
12h10 je prends le bus du retour. Je me sens pleine de peps et prête à conquérir le monde. J’ai cette envie de croquer la vie à pleines dents, tout me semble simple et limpide d’un coup.
De retour à la maison mon cousin me trouve toute belle avec mon maquillage. J’avoue ne pas avoir trop d’avis sur la question, un avis objectif sur moi c’est dur. (Et puis en ce moment je complexe sur mes joues…)
Déjeuner agréable, je me laisse tenter par mon pêché mignon du moment de l’agneau mariné…c’est exquis…tendre et savoureux, ça font sous la langue. En dégustant ça je prends littéralement mon pieds. C’est fort rare que je ressente de telles sensations en mangeant. Bien sûr il a fallu que je termine la baguette de pain de chez Paul…
Après-midi à aider mon cousin à poser le carrelage, le temps est passé vite et j’ai pu dépensé mes calories…
