Bienvenue

Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.
L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.
Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort
Pour le forum cliquez ICI
Dans le groupe d'amis, il y a Cassie...anorexique. Elle est l'héroine de l'épisode 2. Cet épisode est criant de vérité vis à vis des troubles alimentaires: la dissimulation, l'obsession de ranger la nourriture

Cassie, fragile petite blonde sans estime d'elle-même, dissout son corps et son esprit torturés dans l'anorexie, les drogues et la solitude.
Trop maigres, elles sont exclues des podiums
Lundi 11 février 2008
LEXPRESS.fr
Trois mannequins anglais ont été écartés des défilés de mode qui débutent aujourd'hui à Madrid.
Dimanche, à la veille de l'ouverture des défilés de mode à Madrid, trois modèles anglais jugés trop maigres ont été exclus des podiums.
Depuis septembre 2006, les mannequins défilant au rendez-vous espagnol de la mode, Pasarela Cibeles, passent un contrôle médical pour déterminer leur indice de masse corporelle (IMC).
Amélioration
En cas d'IMC inférieur à 18 (1,75 mètre pour 55 kilos), seuil qui détermine la maigreur voire l'anorexie, les candidates sont recalées, ce qui a été le cas de 13 mannequins au total: cinq
lors de chacune des deux premières années et trois cette fois-ci.
Une amélioration, selon le docteur Susana Monereo, chargé des contrôles. Autre indice positif: la moyenne de la masse corporelle des jeunes filles a augmenté par rapport à l'an passé.
Quelque 37 maisons ou créateurs, en majorité espagnols, présenteront leurs collections automne-hiver 2008/2009 lors de défilés dans les locaux de la foire exposition de Madrid (Ifema) de lundi à vendredi.
L’anorexie, un processus addictif?
NOUVELOBS.COM | 15.02.2008 | 21:01
Sachant que des drogues comme la cocaïne, les amphétamines ou l’ecstasy réduisent ou coupent l’appétit
de ceux qui les consomment, des chercheurs du CNRS et de l’Inserm ont comparé les circuits neuronaux impliqués dans l’action de ces drogues avec ceux de l’anorexie . Valérie Compan (CNRS,
Montpellier) et ses collègues soupçonnent l’anorexie de passer par les mêmes circuits de la récompense que les drogues.
Au cœur du noyau accumbens, l’une des région de notre cerveau, se trouvent un grand nombre de récepteurs à la sérotonine, un neurotransmetteur délivré en plus grande quantité lors de la prise de
produits psychostimulants (cocaïne, amphétamines, ecstasy, etc). Compan et ses collègues ont constaté que l’activation des récepteurs à la sérotonine 5-HT4 chez les souris entraînait une baisse
de leur appétit et la production importante d’un peptide, le CART (cocaine and amphetamine regulated transcript).
Lorsque les chercheurs ont augmenté les taux de CART chez les souris, elles ont boudé leur repas, à l’inverse lorsqu’ils ont bloqué l’action du peptide elles ont mangé davantage. Compan et ses
collègues ont ensuite créé des souris privées des récepteurs 5-HT4 et ont observé qu’elles n’étaient plus sensibles à l’effet coupe-faim de l’ecstasy, montrant que ces récepteurs étaient
important dans la régulation de l’appétit liée à la prise de drogue.
Des taux élevés du peptide CART ont été détectés par plusieurs études chez des consommateurs de psychostimulants et au moins par une étude chez des femmes atteintes d’anorexie. Les chercheurs,
qui publient leurs travaux dans les Proceedings of the National Academy of Science, suggèrent que l’anorexie pourrait déclencher un processus de récompense similaire à la drogue, créant
une addiction à cette dangereuse spirale de privation. Les récepteurs 5-HT4 pourraient offrir une nouvelle cible d’attaque pour traiter cette maladie, selon les chercheurs.
C.D.
Sciences et Avenir.com
(02/10/07)
Troubles du comportement alimentaire : anorexie, compulsions et boulimie.
M. CORCOS, Institut Mutualiste Montsouris, Paris
Alimentation de l’enfant & de l’adolescent, colloque sous le patronage du Ministère de la Santé, et de la Protection Sociale, 2004, Paris
L’anorexie mentale
Il devrait être aisé, du fait du caractère exhibé et stéréotypé des symptômes, mais la fascination qu’induit cette pathologie aveugle parfois le clinicien. La
triade classique anorexie-amaigrissement-aménorrhée reste d’actualité : la conduite anorexique annonce le plus souvent le début des troubles ; loin d’une disparition passive d’appétit,
il s’agit d’une conduite active de restriction alimentaire et de lutte contre la faim, en accord avec la peur de grossir et le désir de maigrir qui sont, eux, les signes les plus spécifiques,
persistant malgré une perte de poids déjà significative et reflétant un trouble particulier de l’image du corps. Rarement connue d’emblée, la restriction est constant à un degré variable, comme
en témoignent les conduites de surveillance et de méfiance de l’anorexique à l’égard de la nourriture ainsi que ses nombreux rites alimentaires (décrits par l’entourage qu’ils contribuent à
tyranniser : refus de participer au repas familial, saut systématique d’un repas, tri des aliments, refus de prendre une autre nourriture que celle que les malades cuisinent elles-mêmes).
Toutes ces manifestations ont tendance à s’atténuer à l’extérieur du milieu familial. S’en rapprochent la préoccupation concernant le fonctionnement intestinal, la prise abusive et souvent
considérable de laxatifs ainsi que les vomissements provoqués postprandiaux qui avec l’hyperactivité représentent autant de moyens de contrôle du poids. L’amaigrissement est provoqué, secondaire
à la restriction alimentaire, répondant aux aspirations de l’adolescente : il dépasse rapidement 10% du poids normal et peut atteindre 30 à 50% du poids initial. La crainte permanente de
grossir est difficilement exprimée d’emblée, mais se traduit dans les multiples mesures de vérification : pesées post-prandiales, recherches sur la valeur calorique des aliments,
mensurations des « rondeurs » éventuelles, du tour de cuisse en particulier. La méconnaissance et le déni de leur maigreur, de la part de ces malades, reflète l’importance du trouble
quasi délirant de la perception de l’image de leur corps ; cette absence caractéristique de souci pour leur état de santé va jusqu’à un sentiment de bien-être et de force croissant avec
l’amaigrissement. L’aménorrhée suit généralement de quelques mois la restriction alimentaire : aménorrhée secondaire le plus souvent, mais qui peut être primaire chez les jeunes filles, chez
lesquelles les troubles commencent avant que la puberté ait fait son apparition.
L’aménorrhée est un symptôme cardinal de l’anorexie mentale liée à l’importance de la dénutrition et de l’exercice physique et leurs effets sur l’axe hypothalamo-hypophysaire gonadique (augmentation du volume du troisième ventricule proche des régions hypothalamiques objectivé à l’imagerie cérébrale) mais aussi à certaines dimensions psychopathologiques comme le suggèrent les données cliniques : aménorrhée précédent l’amaigrissement dans 30% des cas, persistance fréquente et durable de m’aménorrhée après la rééquilibration pondérable.
S’il est effectif, le rôle de la perte de poids dans le déterminisme des altérations de la fonction gonadotrope et de l’aménorrhée ne peut être tenu pour exclusif. L’insuffisance du poids interviendrait plutôt comme un élément de plus grande sensibilité à impact défavorable sur les processus ovulatoires.
D’autres éléments, en particulier psychopathologiques sont dont à prendre en compte.
L’aménorrhée de l’anorexie mentale et des dénutritions a pu être rattachée au stress et à ses conséquences sur les régulations hypothalamo-hypophyso-surrénalienne. Mais le terme de stress apparaît peu spécifique. Plus que l’intensité, qui est manifestement importante, quelle est la nature de l’angoisse sous-jacente au trouble alimentaire ? Dans le cadre de l’anorexie, on peut penser l’aménorrhée comme un des effets du comportement général de maîtrise présent dans cette affection : maîtrise des ingestats et de excréments, maîtrise émotionnelle, maîtrise des relations interpersonnelles, maîtrise des études. Tous ces comportements de maîtrise, apparaissent manipulatoires, voire pervers, alors qu’ils sont pour l’essentiel défensifs. Leur intensité est à la mesure d’un vécu de menace sur l’identité même du sujet. La patiente est en effet « persécutée » (et persécute en retour son corps et son entourage) par toute sollicitation interne ou externe qui risque de mettre à mal un équilibre psychologique et somatique précaire. La sexualisation du corps, du fait des modifications pubertaires, est aussi réprimée par un véritable « gommage » par le comportement alimentaire des caractères sexuels secondaires, et toute ouverture à l’autre constituant une menace pour sa propre estime est barrée par un repli sur soi et sur des activités solitaires physiques ou scolaires.
Preuve a contrario de la relation entre défense anorexique et aménorrhée : l’apparition des règles chez les patientes déprimées au moment d’un relâchement de leur sentiment d’omnipotence, et bien sûr le retour des règles après une amélioration psychologique et pondérale passant par un assouplissement des défenses et une restauration de l’estime personnelle.
L’absence de fatigue et l’hyperactivité motrice s’associent souvent à la diminution de la durée de sommeil et des mesures d’ascétisme : se tenir sur une jambe, marcher jusqu’à épuisement, dormir à même le sol, etc. Mensonges et manipulations de l’entourage se surajoutent, en nombre et en combinaison variables : la kleptomanie est fréquente, notamment le vol d’aliments. Sont aussi constatés une absence notable de désir sexuel, un rétrécissement progressif des contacts sociaux, aboutissant à un agrippement de plus en plus marqué aux parents, en particulier à la mère. L’hyperinvestissement scolaire est habituel, l’anorexique montrant en ce domaine comme dans d’autres, un grand perfectionnisme ainsi qu’une quête anxieuse et toujours insatisfaite de performances irréprochables.
Il existe des formes cliniques particulières :
· Chez le garçon l’anorexie mental traduit généralement un trouble grave de l’identité sexuée ; l’aménorrhée est remplacée par la disparition de tout désir sexuel et l’absence d’érection.
· Pré-pubère l’anorexie débute avant 10 ans dans 8% des cas : forme rare et grave, l’anorexie mentale pré pubertaire touche davantage le garçon et se caractérise par une perte de poids rapide et importante et moins de signes boulimiques. La dépression et les passages à l’acte sont plus fréquents et un retard de croissance de mauvais pronostic est souvent observé.
· Tardive faisant souvent suite à un épisode passé inaperçu à l’adolescence, elle survient après le mariage ou la naissance du premier enfant, les éléments dépressifs sont plus francs, la tendance à la chronicisation s’accentue avec l’âge.
· Potomanie associée l’ingestion massive de liquide apparaît parfois sur un mode qui rappelle les accès boulimiques ; grave, elle peut provoquer des désordres hydro-électrolytiques massifs, jusqu’au coma.

