Présentation

Je me prénomme Angélique. 

J'ai 24 ans. 

J'habite dans la banlieue de Nancy. 

Depuis mes 16 ans je souffre d'anorexie mentale. 

Je vogue entre anorexie restrictive et anorexie compulsive. 

J'ai tenté de nombreuses fois de guérir sans y parvenir, pourtant la volonté était là...  

Je n'ai jamais voulu être anorexique,je n'ai jamais cherché à être anorexique. 

Pour m'écrire: eixerona@hotmail.fr 

Citation

 

 Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite, ou mourir.

Antigone Jean Anouilh

"Coucher par écrit mes pensées me libère et m'aide à supporter le quotidien, dans ce qu'il a précisément de plus insupportable"  

Jean Molla  

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Ce blog ne fait pas l'apologie des troubles du comportement alimentaire.

L'anorexie et la boulimie ne sont ni des jeux, ni des caprices.  

Ce sont des pathologies graves pouvant avoir comme issue fatale la mort

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Mardi 29 avril 2008

L’anorexie n’est pas un régime !

Ca semble d’une logique implacable que l’anorexie n’est pas un régime mais une maladie. N’y a-t-il pas assez de livres, de blogs, d’émissions télé montrant l’enfer des troubles alimentaires ???

Reste que dans notre belle société capitaliste, la minceur est un argument marketing efficace et permet de faire de l’argent. Donc bienvenue aux publicités vantant les mérites de je ne sais quelle pilule qui permet de perdre du poids sans efforts, d’une crème anticellulite qui permet de faire disparaître la peau d’orange qui est une chose normale chez toute femme normalement constituée.

Et n’oublions pas la trouvaille du gouvernement avec leurs bandeaux de prévention sous les publicités de nourriture. Même le lait pour bébé en est affublé !

Le beau temps arrive et les régimes fleurissent que ce soit sur les sites internet ou les magazines (féminin ou non).

Et d’un autre côté on porte à l’échafaud les sites pro-ana qui sont pour la plupart tenu par des anorexiques dans le déni ou par des jeunes femmes qui ce sont fait piégées par la mode contemporaine à perdre du poids.

Non on ne devient pas anorexique en suivant les préceptes ou les techniques d’autres anorexiques. Si on n’est pas destinée à l’anorexie, on ne déclenchera pas la maladie. Par contre il y a de fortes chances pour se retrouver dans le phénomène yoyo du « je maigris et je reprends le double ».

A celles qui pensent qu’on peut adopter un comportement anorexique pour maigrir rapidement c’est de la foutaise, car lorsqu’on s’affame on finit par se jeter sur la nourriture. Vous ne perdrez pas du poids, mais vous allez grossir.

On n’est pas plus heureuse avec 3 kilos de moins, ça c’est ce que la société de consommation veut le faire croire. Par contre on est malheureuse et frustrée de se priver des aliments qu’on aime.

Notre société vante tellement la minceur que les gamines de 10 ans et moi se mettent le printemps venu au régime parce qu’elles se trouvent trop grosses.

Le gouvernement au lieu d’essayer de légiférer sur l’incitation à l’anorexie ferait mieux de se demander pourquoi tant des gamines, tant d’ado, et tant de femmes ont ce désir de maigrir.

Parce qu’on assimile minceur et réussite.

Parce qu’on assimile minceur et bonheur.

Quant aux hommes mais dites le haut et fort que vous aimez les formes ! Les filles sont persuadées du contraire, si vous restez muets comment on peut le savoir NOUS ???

 

  

 

par Angélique publié dans : Pro-anorexie
Lundi 28 avril 2008

 

Toute cette anxiété va finir par me tuer. Hier soir j’étais à l’agonie, une fois de plus, et honteuse de ne pas avoir la force de me donner un énième coup de pieds aux fesses.

Je me suis sentie légèrement mieux du moment que je m’étais entendue avec mon inconscient pour fuir ma situation stressante, c'est-à-dire les cours. Bon après c’est parti de travers, j’ai eu le malheur d’aller à la cuisine et d’avaler je ne sais combien de beignets que j’avais eu la bonne idée de cuisiner pour faire plaisir à mon neveu, et puis comme je n’étais plus à ça prêt je me suis fait du poisson et du riz. Bon je sais que c’est pas si catastrophique ce que j’ai mangé, qu’un peu excès ne va pas me faire prendre 15 kilos, ça épuise seulement un peu plus mon organisme qui n’a pas l’habitude de prendre en compte de la nourriture grasse et sucrée. Bref le lendemain et la nuit ça donne une pseudo gueule de bois. Génial.

Mes rêves ou plutôt mes cauchemars ont révélé mon état d’esprit :

-           -J’ai dû fuir une éruption volcanique comme je fuis les cours

-          -J’ai joué à un jeu de hasard sur le compte de la française des jeux de ma mère, c'est-à-dire en langage inconscient « je déçois ma mère en n’allant pas en cours »

-        -  J’ai eu le droit à un ténia…vous savez le vers blanc qui se loge dans les intestins, et même dans les rêves l’anorexie est là puisque je me suis dit « chouette, je vais maigrir »

-        -  J’ai fait du camping aussi, la tente prenait la flotte, on se cachait, y avait aussi une fille insupportable que j’ai remise en place.

 


Pour résumer, j’ai mal dormi même si j’ai dû m’enfiler plus de 8h de sommeil.

Vers huit heures moins le quart je reçois un sms de ma pote de cours me demandant si je me sentais prête pour la reprise. Je ne savais plus où me cacher. Non je ne suis pas prête. Non je ne peux pas venir….

En fin de matinée j’ai envoyé un texto à ma mère lui disant que je n’étais pas en cours. Que j’étais malade. Elle s’en doutait. En rentrant cet aprem j’ai eu le droit au couplet « Tu y vas demain ». Moi j’ai enchainé avec une phrase du genre « pas le peine de me le dire, je n’ai pas besoin de ça ». Elle l’a mal pris, préciser que ça ne changerait si elle me prenait dans ses bras, qu’elle ne peut rien faire. Je le sais qu’elle ne peut pas faire de miracle, mais qu’elle ne me parle pas des cours, c’est pas si dur.

Je le sais que je n’irais pas demain parce que je préfèrerais encore sauter par ma fenêtre. J’ai plus qu’à prendre un énième rendez-vous chez le médecin qui va me dire qu’elle ne peut rien faire. Que je dois voir un psy.

Et une fois de plus je m’en veux d’être une angoissée de la vie, de ne pas être capable d’aller naturellement en cours comme les autres.

J’en ai marre de passer des journées dignes d’un légume devant la télévision parce que je ne parviens à me concentrer sur strictement rien.

 

Lundi 28 avril 2008

 

J’en suis de plus en plus certaine, l’anorexie ou la boulimie sont les moyens pour les grandes anxieuses à décompresser de nos ngoisses. En effet, sous on commence un petit régime parce qu’on est pas bien dans sa peau, on ressent beaucoup de pression de part et d’autre, et on pense qu’avec un kilo en moins ça ira mieux (ce n’est pas le cas pour toutes les anorexies). On perd son kilo rapidement, on est enfin fière de soi…parce que bien entendu la malade de TCA à un mésestime terrible d’elle-même pour une fois elle réussit quelque chose. Elle est fière d’elle, et les éléments anxiogènes autour d’elle s’évaporent comme par magie.

 

Maintenant que je vais un peu mieux, j’ai remarqué que lors d’un stress intense j’ai cette fichue envie de maigrir qui revient au galop. Parce que lorsque je suis occupée à modeler mon corps et à tenir d’une main de fer mon alimentaire, plus rien ne compte. A part que ça marche impeccablement lorsqu’on est uniquement dans le déni de l’anorexie.

Quand on se rend compte, quand on accepte d’être atteinte d’un trouble alimentaire, il y a ce stress face à la nourriture, la peur intense de reprendre du poids…et tout ce qui nous stressait avant revient au galop.

 

Le problème est aussi qu’une fois dans l’anorexie on ne parvient plus à se catégoriser autrement que par la maladie. Notre passé est devenu trouble, on ne s’en rappelle que quelques bribes. Le futur nous terrorise car synonyme de prise de poids et du lâcher prise de la nourriture.

 

Pendant longtemps je n’étais plus qu’Angélique l’anorexique. Impossible de me définir autrement. Impossible de me rappeler de mes passions, impossible de savoir ce que je voulais faire dans un futur proche. La seule chose importante était de perdre du poids pour ne plus me sentir grosse. Perdre du poids pour être fière de moi, parce que c’était le seul domaine où mes victoires me faisaient plaisir.

Mais avec du temps, de la souffrance, des efforts, des moments difficiles, je me reconstruis. Enfin plutôt je me construis car l’Angélique du passé n’existe plus et je ne veux plus être cette Angélique anorexique. Je veux vivre tout simplement. Je sais que j’aurais toujours une relation ambigue et malsaine avec la nourriture mes troubles alimentaires étant chroniques…mais finalement

maintenant je parviens à me débrouiller avec. Ce ne m’empêche plus de sortir, d’aller prendre une cuite et de m’empiffrer. Tant pis on rectifie le tir plus tard. Et puis avec le temps je sais très bien qu’on ne prend pas 10 kilos parce qu’on avec un terrible excès. Le corps est bien fait. Sauf qu’au début du réalimentation, lorsqu’il a été privé de nombreux mois, voire de nombreuses années, c’est vrai le corps stocke un maximum, il ne sait pas lui, on va peut être le remettre de nouveau dans un mode de famine.

 

Aujourd’hui je suis stressée car demain c’est la rentrée. Et non malgré mes efforts mon stress me dépasse et je n’arrive pas à gérer. J’ai donc baissé les bras, car je n’en peux plus de me battre contre mes angoisses. Demain je n’irais pas au lycée mais n’empêche je m’en veux à mort, et qu’ai-je trouvé de mieux pour me punir ? Une compulsion alimentaire bien sur ! La culpabilité à coup sur, l’obligation de faire pénitence toute la semaine pour rectifier le tir.

N’empêche les troubles alimentaires fonctionnent pas mal à la culpabilité, ça fait très religion chrétienne, et quand on y pense c’est essentiellement les pays occidentaux qui sont touchés par les tca. Ca serait une question à approfondir.

 

En tout cas, je ne croyais personne lorsqu’on me disait qu’un jour je me reverrais comme une personne à part entière. Oui je souffre encore d’anorexie, un peu de compulsion alimentaire (on va dire boulimie, ça fera plaisir à certains) mais je ne suis pas la maladie. Je suis moi, une jeune femme qui essaie de se construire, de se reconstruire une vie, et d’ailleurs je fuis de plus en plus les blogs parlant de troubles alimentaires, parce que tout simplement j’en ai ma dose. Tout simplement je veux vivre loin de ses merdes de maladie.

 

Je veux aller mieux. Je veux profiter de la vie. Je veux un chéri (et je l’aurais j’espère ce fameux LUI). Je veux un travail, je veux un appartement et mon indépendance. Je veux continuer mon investissement dans la politique de la ville parce que ça m’apporte une bouffée d’oxygène malgré les les vins d’honneur où je dois faire attention de ne pas me jeter littéralement sur le buffet.

Je veux arriver à m’aimer. Je veux arriver à voir confiance en moi. Je veux voir ce que les gens voient de bon en moi….parce que pour le moment je ne suis pas objective et il y a un décalage phénoménal entre comment les gens me perçoivent et comme je me trouve moi. Pour résumer, je me considère comme nulle et inintéressante. J’avais que je ne voudrais pas être ma propre amie, parce que j’ai l’impression d’être une chieuse phénoménale (bon c’est vrai j’y suis quand même un peu chieuse…je suis une nana après tout).

Le plus drôle c’est que LUI, j’aime ses défauts comme ses qualités. Alors pourquoi on ne m’aimerait pas comme je suis ? Pourquoi je ne m’aimerais pas comme je suis.

{Pause cuvette des toilettes. Pas bien. Stress. Vengeance sur la nourriture. Non rien ne sort. C’est pas plus mal. Sport et restrictions cette semaine pour changer. Je n’avais qu’à pas faire de pâtisserie ce soir.}

par Angélique publié dans : Mes écrits
Vendredi 25 avril 2008

Les mystères de l’anorexie.


Je m’aperçois dans mon miroir de chambre, et vois un os qui repointe son nez. Je reste béate d’admiration et fascinée par cette réapparition soudaine. Maigreur je t’aime. L’anorexie veut que même si je sais et que je vois que des kilos ce sont envolés, je me sens plus grosse. Ne chercher pas de logique il n’y en a pas. Quand on maigrit on est satisfaite de maigrir mais on a cette foutue impression d’être plus grosse. Y a de quoi devenir dingue et de péter les plombs.

Les compulsions sont devenues plus rares. Pas de grand miracle, juste rien dans les placards et le frigo… ce qui fait que j’avale des kilos de pommes et des litres de café & coca light. Le sport me déstresse un peu et me déleste des calories…

Le contrôle de la nourriture et de mon activité physique m’apaise. Ca me donne aussi un peu de considération pour moi, c’est quelque chose que j’arrive à faire.

Finalement l’anorexie flatterait d’un moyen détourné notre égo ? On se trouve nulle et inutile à longueur de journée, mais le contrôle de la nourriture et du corps est le domaine où finalement on est bonne. On réussit enfin quelque chose. On s’estime enfin de réussir quelque chose d’où cette maudite fierté que nous procure le fait de manger le moins possible… C’est tordu.

Cette maladie nous fait rentrer dans une logique totalement illogique qu’elle nous échappe le plus souvent.  Quelle saleté…

 

par Angélique publié dans : Mes écrits
Jeudi 24 avril 2008

 

Un peu moi de stress et d’angoisse. Il faut dire que je m’astreins à nouveau à une séance de sport quotidienne : 14 kilomètres de vélo, 20 minutes de cerceau pour les abdos.

Je parviens à ouvrir un peu mes classeurs pour travailler, mais pas assez, je sature vite, et ça m’énerve. Et puis il y a cette peur persistance de l’échec aussi. Je le sais pourtant qu’une mauvaise note ne tue pas. Heureusement d’ailleurs !

Autant faire quelque chose pour quelqu’un est facile, et n’est quasiment pas une source stressante, autant lorsque l’issue d’une action est pour moi, ça m’angoisse.  

J’arriverais à croire en mes capacités pour les autres, mais pas pour moi ??

Il y a tant de contradictions…c’est fatiguant. J’aimerais pouvoir mettre mon cerveau en stand by de temps en temps pour vivre au lieu d’être étouffée par une foultitude de pensées les plus inutiles.

 

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